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December 17 LA GAZETTE DU FSB JET SET CLUBConcert Privé au Royal Jacques Brel Hall « Kolinka and Friends » triomphent devant un par-terre de Jet Setters triés sur le volet
Il y a des soirs qu’il vaut mieux ne pas rater, des événements qui marqueront implacablement l’histoire et partageront cruellement et inexorablement le monde entre ceux qui y étaient, et tous les autres pauvres has been qui auraient voulu y être. Il y a des instants qui marquent leur époque, telle une empreinte indélébile inscrite à jamais sur les palettes du temps. Il y a des soirs, où c’est le Grand Soir. Et bien sûr le FSB Jet Set Club faisait partie des privilégiés conviés à témoigner de l’Histoire en marche.
En ce vendredi soir Athanael Cesco recevait au 161 - la désormais mythique adresse du FSB Jet Set Club – quelques uns de membres les plus en vue de cette fin d’année, pour une « happy hour » de circonstance en face du Royal Jacques Brel Hall. Aliccé grande prêtresse de la soirée arrivait la première, quelque peu perturbée néanmoins par une journée difficile. « Tu te rends compte, me confiait-elle, j’ai failli ne pas pouvoir obtenir les places pour ce soir ! Pourtant j’était venue en avance, mais un pauvre type à acheté les dernières juste devant moi ! Heureusement que je l’avais déjà vu dans l’usine de mon père, comme ça j’ai pu le menacer de le faire licencier pour qu’il me revende ces tickets à moitié prix ! J’aurais pu les avoir gratuitement mais tu sais bien que je suis proche du peuple. » Comme je la réprimandais pour cet excès de bonté, elle m’avouait finalement « oui, mais tu comprends, c’est Noël, je me sens toujours un peu plus à gauche pendant cette période ». Maître Tang accompagné de Marji*Marge arrivait à son tour au 161 dans un forme insolente. Il faut avouer que depuis qu’il s’était mis au squash, plus rien ne l’arrêtait. « La télé offre des possibilités à la mesure de mes ambitions, et je ne parle pas que de la cocaïne ! » me lançait-il hilare en posant ses pieds sur la table. Marji*Marge me glissait alors dans l’oreille « je suis inquiète tu sais, je ne suis pas sûr que travailler soit bon pour lui, on n’a pas l’habitude… » tout en essuyant le nez saupoudré de son compagnon. Athanael Cesco acquiesçait vivement « moi je ne travaille que pour le plaisir, c’est vrai quoi c’est pas avec les 17 000 euros par mois qu’ils me donnent que je vais couvrir mes frais… mais bon, je dois admettre que ça m’occupe l’esprit. » El Doud faisait alors son apparition suivit de peu par Lilly ennuyée elle aussi par sa journée « je te jure, avoir des responsabilité politique c’est vraiment lourd, être obligée de s’occuper de tous ces prolos ça m’use ! J’ai pris trois douches avant de venir, je voulais quitter le parfum immonde de tous ces gens dans le besoin. Et dire qu’il y a des élections bientôt, je vais encore être obligée de serrer les mains de tous ces cons, et de leur faire croire qu’ils m’intéressent… C’est qu’il faut les tenir ces abrutis, d’ici qu’il leur vienne des idées de voter à gauche. » Athanael Cesco sortait alors le champagne pour tous ses invités « je fête la fermeture de mon usine à Charleville Mézières, je leur ai collé un dépôt bilan, comme ça je n’aurais pas d’indemnités à verser aux employés, normalement ça devrait faire augmenter mon titre en bourse de deux ou trois points, rien qu’avec les intérêts je vais pouvoir me payer ma troisième Porsche ! C’est Noël ! » alors qu’Aliccé lui faisait remarquer que ce n’était pas très sport de licencier 3500 personnes à une semaine des fêtes de fin d’année Cesco avait alors cette phrase imparable « au contraire ! Ils auront plus de temps pour aller acheter leurs cadeaux ! » Tout le monde acquiesçait et portait un toast à la future nouvelle Porsche. El Doud auréolé de son nouveau succès cinématographique Sarcellites avait lui aussi le droit aux honneurs d’un toast « Je vous remercie mes amis, lançait-il à la cantonade, mais j’ai pu bénéficier des dernières émeutes en ville. Avec toutes ces voitures brûlées les élus étaient prêts à acheter n’importe quelle merde pour prouver qu’il faisait dans le social. Du coup j’ai multiplié le prix de vente par seize. Comme plan marketing y’a pas mieux ! ». « Tu pourrais faire un reportage sur mon usine de Charleville, comme ça on pourrait peur être revendre le truc à la télé, ils aiment bien les drames sociaux, surtout pendant Noël. On se partage les recettes et on se casse aux Maldives pour 15 jours… » proposait alors Athanael Cesco. Enfin Ledje, qui pourtant venait de réaliser le nouveau record de la montée depuis le Bois, arrivait parmi nous. Il se jetait sur la bouteille de champagne qu’il vidait d’un trait au goulot. « Désolé mais depuis que mon dealer c’est fait pêter les jambes je suis obligé de me déplacer moi même, en plus ce guignol n’avait rien pour moi quand je suis arrivé ! Je vous jure, on peut plus se fier à personne de nos jours. J’étais tellement énervé que je lui ai envoyé deux de mes gars pour lui rebroyer les jambes. Ca m’a à peine détendu. » Sur ces bonnes paroles Aliccé, annonçait l’heure du départ (nous n’avions qu’une petite demi heure de retard) et nous nous dirigions tous vers le Royal Jacques Brel Hall ou Richard Kolinka nous attendais. En fait, du coup, les mille autre personnes présentes attendaient de concert puisque Richard ne pouvant pas jouer avant d’avoir accueillie Aliccé, il restait stoïquement devant l’entrée de la salle. Une fois les bises échangées nous n’avions plus qu’a remercier Richard et le libérer afin qu’il puisse aller travailler un peu (et oui pour certains il paraît que c’est nécessaire).
Dire que la soirée fut grandiose serait un doux euphémisme bien en dessous de la réalité elle même très éloignée du mythe. En effet afin de nous remercier d’être venus Richard avait invité Jean-Louis Aubert, Cali, Daniel Darc, Raphaël, et Mathieu Chédid à se produire avec lui pour notre plus grand plaisir. 1 000 privilégiés avaient alors le droit à un concert d’anthologie, mélange d’originaux et de reprise, de duos, trios et quatuors inédits, passant des Rolling Stones à Jacques Brel, de Lou Reed aux Sex Pistols, de U2 à David Bowie, et terminant au troisième rappel par « La bombe Humaine » sans musique seulement chanté par les spectateurs Richard et Jean-Louis. EL Doud me faisait remarquer la présence de l’extraordinaire Yazid M., l’homme de Jimmy à l’arrière de la salle. « Tu te rends compte me disait-il, ce mec connaît le mec qui sait où est planquée la dernière Stratocaster d’Hendrix ! J’aurais tellement aimé qu’il me signe un de mes médiator !». Passablement éméché, pour ne pas dire totalement down, Athanael Cesco s’agitait dans tous les sens en expliquant à Ledje que « non le rock’n’roll n’est pas mort, c’est juste les artistes qui le sont !» Lilly reprenait des couleurs en apercevant Raphaël qui lui lançait un sourire ravageur « c’est tout à fait le genre de petit plaisir que j’aimerais avoir au petit déjeuner le dimanche matin » me glissait elle avec un regard mutin. Marji*Marge conquise par le spectacle s’accrochait à Maître Tang et profitait de l’occasion pour lui redemander si elle pourrait avoir son cheval pour Noël. « C’est vrai, regarde Cesco, lui il va avoir sa Porsche. » Ledje impassible reprenait un verre.
La soirée touchait déjà à sa fin et après un ultime rappel consacré au Jumping Jack Flash d’un petit groupe anglais peu connu et d’un Walrus tout aussi exotique, nous reprenions le chemin de la sortie avant de nous engouffrer dans les limousines qui nous attendaient devant ce lieu mythique. Seul Cesco reprenait la route du 161 où il m’avouait qu’il allait finir de se bourrer avant de se coucher. Aliccé pour la remercier de l’oganisation de cette soirée était élue à l’unanimité au comité directeur du FSB dont elle est à présent la seule membre. Comments (4)
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